Puy-de-Dôme : L’éclipse lunaire avec la crème des astrophysiciens

Aujourd’hui et jusqu’à samedi, le festival Astr’Auvergne accueille les visiteurs à Isserteaux et à Billom pour vivre un événement unique la tête penchée vers les étoiles. Astronautes et astronomes initient les curieux à leur discipline. En point de mire l’observation en soirée d’un événement céleste majeur. PressNut News a rencontré Nicolas Laporte, astrophysicien et organisateur de ce rendez-vous prestigieux. Embarquement.

PressNut News : Comment est née l’idée de cette manifestation ?

Nicolas Laporte : Le festival a été bâti sur le fait que ce vendredi il y a une éclipse de lune et qu’elle sera la plus longue du siècle. Nous nous sommes dit que comme c’est un événement assez unique, ce serait bien de construire quelque chose de grand ici en Auvergne à Isserteaux où nous avons un des plus beaux ciel de France pour observer les étoiles.

Ces trois jours de festival marqueront aussi le passage de la planète Mars au plus près de la terre. Quelle activité va être organisée autour de ce phénomène ?

Tout d’abord la conférence d’Étienne Klein, physicien, va se dérouler dans le stade d’Isserteaux ce vendredi. En parallèle à l’observatoire de Bracou, les animateurs mettront à disposition une dizaine de télescopes. Ils expliqueront donc en plus des caractéristiques de l’éclipse lunaire, la position de la planète Mars avec celle de Saturne et de Jupiter.

Est-ce que les non-initiés auront des clés de compréhension pour comprendre les enjeux de l’astrophysique ?

Absolument. C’est le but de ce festival. C’est d’expliquer à tous les novices de l’astronomie tout ce qu’on peut voir et comprendre lorsqu’on lève les yeux au ciel.

En quoi consistent les ateliers pratiques ?

Permettre entre autre une observation du soleil ou la découverte des météorites. Des passionnés en ont récupéré une centaine et vont présenter ces météorites aux visiteurs. Il y aura aussi un atelier de fabrication de comètes. Avec la dernière mission Rosetta partie se mettre en orbite autour d’une comète, nous avons appris plein de choses. Nous pourrons donc en recréer une depuis le stade d’Isserteaux. Et enfin au cours d’un dernier atelier que nous avons appelé « Atelier pour les Nuls », nous enseignerons les bases de notre discipline.

Est-ce qu’il y aura de la manipulation d’appareils pour les amateurs qui souhaitent acquérir ou perfectionner leur utilisation d’un télescope ?

En journée, des professionnels montreront comment utiliser les télescopes et les lunettes astronomiques. Et puis le soir, place à la pratique où les visiteurs auront l’opportunité de pointer une étoile double ensuite Mars qui est très rouge à cette époque de l’année puis Saturne et Jupiter. Oui, nous allons apprendre aux gens à se servir du télescope.

Une école d’astronomie est également mise en place. Est-elle ouverte à tout le monde ? Qu’est-ce qu’on y en enseignera ?

Elle est ouverte à tous les enfants âgés de 7 à 15 ans. Ils seront répartis par groupe. Nous allons leur parler des aurores boréales. Il y aura même des jeux où ils pourront simuler des aurores boréales. Nous allons leur apprendre à lire une carte du ciel et même à en construire une. Le soir, ils feront des constellations en 3D. Des séances de planétarium se tiendront dans un dôme gonflable. Toutes ces activités seront encadrées par des astrophysiciens.

Comment s’est faite la sélection des astrophysiciens ?

Je suis moi-même astrophysicien, je travaille à Londres. Avec mon association InfiniSciences à Clermont-Ferrand, je les ai contacté. L’objectif est de diffuser les connaissances. Quand nous sommes partis dans l’idée de faire un festival autour de l’astronomie et du spatial, j’ai appelé quelques un de mes collègues.

Trouvez-vous que l’astronomie est un domaine suffisamment connu auprès du jeune public ? C’est une discipline peu enseignée.

C’est le problème. Une des sciences qui suscite le plus de curiosité chez les jeunes, c’est l’astronomie et en même temps elle est quasi absente des manuels scolaires. Faire cette école d’astronomie a pour but de développer leur appétit pour ces sciences d’autant plus qu’elles offrent beaucoup de débouchés en matière d’emploi. Je pense que ce serait bien que dans les collèges, il y ait au moins une petite partie consacrée à la discipline. Et pourquoi pas espérer un jour que tous les enfants de France passent au moins une nuit avec leur enseignant à observer les étoiles.

Quel est le déroulement des soirées sous les étoiles ?

Il s’agit de conférences dans le stade d’Isserteaux avec un écran géant de 60m2. Nous aborderons aussi des sujets philosophiques comme le temps. Puis il y aura une soirée en compagnie de deux astronautes avec Jean-Jacques Favier et Claude Nicollier qui parleront de l’exploration spatiale. Nous aurons la présence de Jean-Pierre Lebreton, un des chefs d’une mission qui a prise les plus belles photos de Saturne. Avec les aurores polaires, les trous noirs et les météorites, les sujets abordés seront très nombreux.

Quelques mots sur la pièce de théâtre « Origine(s) » qui va être présentée au public.

C’est une pièce qui a été montée par une troupe lyonnaise Les non-alignés et qui tourne autour de la thématique des trous noirs. Quand elle commence, les acteurs sont sous un ciel étoilé dans la salle. Ils se posent des questions sur les étoiles, sur notre place dans l’univers. Ils vont ensuite par la pensée au cœur de ces galaxies pour voir ce qui s’y passe. Le spectacle dure une petite heure.

Cette édition du festival d’astronomie connaitra-t-elle une suite ?

Pas pour l’an prochain. Nous sommes une petite équipe de bénévoles et ça demande énormément de travail de préparation. Mais dans deux ans, nous devrions repartir pour une deuxième édition.

1er festival d’astronomie 26, 27 et 28 juillet 2018 à Isserteaux & Billom : https://www.astrauvergne.com/