La qualité des soins, que médecins et infirmiers jugent comme moyenne, est en forte baisse : c’est ce qu’ils dénoncent en Auvergne-Rhône-Alpes (ARA) dans une étude exclusive 360 medics / Egora. Quels facteurs impactent si négativement la qualité des soins ? Est-ce que les professionnels sont toujours aussi engagés ?

Une qualité des soins jugée comme moyenne en AURA

La moyenne à peine ! 6,48/10 et 5,37/10, telles sont les notes que délivrent, respectivement, les médecins et infirmiers en exercice en ARA à la qualité générale des soins. C’est légèrement plus qu’au niveau national où les scores atteints sont de 6,31/10 et 5,11/10.

Une forte dégradation de la qualité de soins

Pour 74 % des répondants, la qualité des soins s’est d’ailleurs dégradée au cours des cinq dernières années (ils sont 10 % à considérer qu’elle s’est améliorée). Un résultat plus optimiste qu’à l’échelle des répondants nationaux, qui remarquent à 88 % une dégradation continue.

Chez les médecins, la perception est toutefois loin d’être enjouée : ils sont 72 % (77 % au global) à relever une baisse de la qualité des soins.
Les infirmiers sont encore plus tranchés : 91 % déplorent une détérioration. C’est à peine moins qu’à l’échelle nationale (92 %).

À l’échelle globale comme individuelle, le facteur le plus impactant est de nature systémique

Selon les répondants, la détérioration continue de la qualité des soins ces dernières années s’explique particulièrement par la surcharge de travail et/ou le manque de personnel auquel est confronté le monde médical (priorisation du facteur parmi cinq autres facteurs). Et ce constant est commun à l’ensemble des médecins et infirmiers partout en France, quel que soit le mode d’exercice (en ville, à l’hôpital…), mais est encore plus marqué pour ceux exerçant à l’hôpital.

À l’échelle individuelle, ce constat se retrouve, en ARA comme ailleurs : ce sont les conditions matérielles de travail que les médecins et infirmiers considèrent comme étant les plus responsables de la dégradation de la qualité des soins.

Malgré tout, un fort engagement personnel

En effet, parallèlement et inversement à la dégradation de la qualité des soins, 66 % des médecins infirmiers relatent un engagement personnel accru de leur part. C’est le score le plus bas de l’ensemble des régions (91 % des Corses et 81 % des Normands indiquent avoir dû s’impliquer plus) : une différence qui s’explique peut-être par la différence de perception de la baisse de la qualité des soins.

Un engagement multiple

Dans ce cadre, les soignants d’Auvergne-Rhône-Alpes apportent une attention particulière à la qualité de la transmission d’informations patients (60 % sont très engagés) et à la gestion des connaissances médicales (engagés à 58 %). Les projets d’amélioration des conditions d’exercice génèrent l’engagement de 48 % des médecins et infirmiers, dont 37 % qui s’estiment très engagés dans ce domaine.

La maîtrise de la réalisation des soins (staff pluridisciplinaire, déclaration d’événements indésirables, CREX, RMM etc.) suscite l’engagement de 45 % des répondants.

Enfin, la formation diplômante en cours de carrière semble plus importante en ARA qu’à l’échelle nationale car 64 % se déclarent engagés, contre 56 % au global.

Pour améliorer les soins au quotidien, 7 infirmiers et médecins français sur 10s’équipent d’outils spécifiques. En ARA comme ailleurs, les bases de données médicamenteuses et les messageries sécurisées de santé comptent parmi les outils les plus plébiscités. De même, la majorité des professionnels de santé se tiennent informés de l’actualité médicale spécialisée de manière au moins hebdomadaire. C’est le cas de plus de 7 médecins sur 10 et de près d’un infirmier sur 2.

Ainsi, aux yeux des médecins et des infirmiers, la qualité des soins, moyenne, diminue en France et en Auvergne-Rhône-Alpes. À l’échelle globale comme individuelle, le facteur négatif le plus impactant est de nature systémique. Les soignants semblent chercher à compenser les défaillances du système de soins et s’engagent toujours plus dans la qualité du soin.

Une enquête exclusive auto-administrée auprès de deux communautés médicales

Les résultats de l’enquête nationale ont été obtenus auprès de 3 898 professionnels de santé participants. 2 697 professionnels de santé exerçant en France ont intégralement complété le sondage. 951 médecins ou futurs médecins et 1 217 infirmiers ou futurs infirmiers ont été conservés pour l’analyse, soit 2 210 répondants dont 1 766 professionnels en exercice.
En Auvergne-Rhône-Alpes, ce sont 270 soignants qui se sont prêtés à l’exercice (101 médecins et 139 infirmiers).
Sondage auto-administré sur Internet du 12 au 30 avril 2018. Les résultats ont été redressés selon la représentativité de chaque type d’exercice (libéral, hospitalier, mixte, salarié hors hôpital…) et selon les métiers (médecin, infirmier).