La galerie Berthéas à Vichy a offert au public auvergnat jusqu’au 8 décembre 2017 une rétrospective sur l’artiste Miss Tic. La rencontre entre l’artiste et le propriétaire de la galerie Berthéas s’est faite tout naturellement. Ils sont implantés dans le quartier du Marais et travaillent ensemble depuis 20 ans. Pour ceux et celles qui ont raté cette exposition, Pressnut a souhaité s’entretenir avec Yann Berthéas, galeriste passionné par l’art contemporain.

La figuration libre est le cheval de bataille des Berthéas

Dès 1970, Monsieur Berthéas père, avant de s’intéresser au street art, qui reste la plus grande partie de l’activité des galeries pour les graffitis historiques repère un groupe d’abstraction des années 1950. Les Berthéas défendent de manière générale l’art contemporain et la figuration libre : ainsi, s’explique Monsieur Berthéas fils « nous vendons des graffitis depuis le début des années 1990. Nous avons commencé à nous passionner pour les graffitis en 1995/1996, nous avons été assez réactifs à nous intéresser à ce mouvement là. Nous avons eu beaucoup d’intérêt pour la figuration libre à travers les artistes tels que Rémi Blanchard, François Boisrond… Après nous ne sommes pas des marchands figés… »

La galerie a commencé à racheter quelques pièces de Miss Tic et est fière de travailler avec l’artiste depuis 20 ans : « il y a 5 ans, nous avions fait déjà une très belle exposition ensemble uniquement des œuvres récentes puis je l’ai présentée sur trois belles foires qui ont été intéressantes dont une qui date de fin mars 2017 et le thème était « Les écritures socio-politiques » à Art Paris Art Fair au Grand Palais, l’une des plus belles foires européenne d’art contemporain. Nous avions représenté Jacques Villeglé, l’artiste Ben et Miss Tic uniquement des œuvres de sa première période, c’est-à-dire antérieures à 1986. Cela a eu un succès colossal. « Nous avions pratiquement tout vendu, les collectionneurs, les curateurs de musée ont commencé à acheter. Sur les œuvres de 1980 à 1990, il ne reste plus grand chose puisqu’une partie de l’atelier de Miss Tic a brûlé : peu d’œuvres anciennes sont existantes. »

Rétrospective Miss Tic à Vichy

Miss Tic est une artiste reconnue dans le street art : elle a même illustré le Larousse en 2010. Elle est poète et fait ses pochoirs souvent sur la Butte-aux-Cailles. Elle les accompagne à chaque fois d’une petite phrase, surtout des jeux de mots comme « Le temps est un sérial qui leurre ». Son nom est inspiré de Miss Tick qui était la sorcière dans le Journal de Mickey. Cette artiste emblématique de Paris et du 13ème arrondissement, lieu où se situe son atelier, est connu mondialement.
Miss Tic vu par Yann Berthéas : « Miss Tic est une artiste historique : elle est une des premières dans le monde à commencer dès les années 1983 à intervenir dans la rue. Et en 1986, elle monte son atelier et commence à avoir une activité artistique plus classique avec une première exposition chez Agnès B. très importante qui l’a faite découvrir. Miss Tic est plutôt … c’est très dur d’en faire un portrait ! »

« Le mouvement est en pleine explosion. Depuis 7, 8 ans, le street art historique est en train d’exploser du point de vue médiatique, du point de vue des marchés, du point de vue de la reconnaissance des institutions et elle est très contente de ça. C’est une artiste fondamentale. » Pour cette rétrospective à Vichy, des collectionneurs sont venus du monde entier et des personnes de toutes les générations : une quarantaine d’œuvres a été vendue. On pouvait trouver un parpaing à partir de 900 € ou partir avec une œuvre pour 5 000 euros.