Vous ne l’avez sans doute jamais vue mais vous l’avez sûrement déjà entendue. Lisa est spécialisée dans les voix-off et travaille pour de grandes régies publicitaires telles que France Publicité, France Télévisions ou encore Régie Networks. Elle nous raconte les coulisses et les anecdotes de ce métier passionnant. 

PressNut  : Comment es-tu arrivée au métier de voix off ?

Lisa : Je suis arrivée au métier de voix-off par la radio, tout le monde me disait que j’avais une jolie voix et que je devrais aussi faire de la pub. Tout cela s’est fait petit à petit. Avec l’expérience apportée par la radio ça m’a ouvert un certain nombre de portes pour faire des voix-off.

Quelle est la complémentarité entre le métier de voix off et d’animatrice radio ?

Les gens en radio ou en voix-off ont des parcours très différents. Certains viennent de la comédie où le jeu théâtral les aide énormément pour réaliser des voix-off et du doublage. D’autres, comme moi, viennent de la radio qui ouvre des perspectives.

Est-ce qu’il y a un travail d’entrainement lorsqu’on est voix off ?

Parler, parler, parler ! Mais non, je n’ai pas d’entrainement particulier, je ne suis pas non plus Céline Dion. Je ne fais pas de vocalises ! (rires)

Faut il être doué pour les imitations pour être voix off ?

Ce n’est pas indispensable, mais si tes cordes vocales te permettent de faire des imitations tant mieux, c’est tout un art.

Il y a une différence entre voix-off et doublage tv ou cinéma ? C’est le même métier ?

C’est un métier différent. On te demande d’autres capacités. Lorsque tu enregistres un spot radio, tu dois te caler sur un timing précis. On te demande de souligner tel ou tel mot. Mais quand tu fais du voice over ou du doublage ce n’est pas la même chose. Avec le doublage il faut rentrer dans la peau du personnage.

La concurrence est rude dans ce métier ?

A un moment donné il y a beaucoup de personnes qui sont venues dans le métier en étant persuadées que c’était à la portée du premier venu. Sauf que c’est un vrai métier. Lorsque sont arrivées sur la marché des boites qui faisaient quasiment de l’abattage au niveau des messages publicitaires il fallait faire 50 spots par jour en renouvelant au maximum les voix proposées à l’annonceur. C’était une dérive, à mon sens.

C’est un métier de passion mais souvent aussi de saltimbanque

Es-tu attentive à la voix des gens dans la vie de tous les jours ?

Rarement, j’écoute beaucoup les gens mais assez rarement je me suis dit « tiens voilà quelqu’un qui ferait une belle voix-off. »

Qu’est-ce qu’une belle voix-off selon toi ?

C’est très particulier la voix de toutes façons. C’est autant de voix que de possibilités de séduire des personnes différentes. Il faut une personnalité qui se projette dans la voix.

Tu te souviens de la première voix off que tu as faite ?

Oui, c’était dans la radio locale où j’ai débuté qui s’appelait Radio Libre Bordeaux. J’ai enregistré une publicité pour une boite de nuit genre le pacha ou le macumba et le mec qui m’avait commandé la voix m’avait même dit que je n’avais aucun avenir dans les voix-off et qu’il valait mieux que je persiste en radio (rires). Depuis, j’ai enregistré des milliers de voix-off.

Il y a un enregistrement qui t’a marqué ?

Oui ! J’ai fait une voix-off pour annoncer les stations de tramway d’une grande métropole et c’est une expérience qui m’a beaucoup amusée. Surtout quand j’ai pris ce tramway et que je me suis entendue.

Tu enregistres en home studio ?

Ça fait largement plus de dix ans que je travaille depuis chez moi avec un home studio. Énormément de voix off travaillent de cette manière et avec Internet on peut sans problème envoyer son travail. C’est très réactif. Internet a ouvert de nouvelles perspectives. Je peux faire des voix pour le Canada ou pour quelqu’un qui se trouve à l’autre bout de la France.

Quels conseils pourrait tu donner à ceux qui souhaitent exercer ce métier ?

On peut démarrer avec un home studio mais il est bon d’aller auparavant voir ce qui se passe dans les vrais studios. Il faut préparer une bonne démo de sa voix, avec tout ce que l’on sait faire. L’idéal est d’intégrer le casting d’un studio avant de commencer par soi-même. C’est un métier de passion mais souvent aussi de saltimbanque, avec des hauts et des bas, c’est un magnifique métier.

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