Les clichés sur les Vegans ont la vie dure. Ils bouffent des racines, des insectes, ne s’autorisent à manger que des légumes, ne s’habillent qu’avec des sacs poubelles ou encore pratiquent le nudisme. C’est le genre d’inepties contradictoires, répétées, souvent accompagnées d’un mépris souverain que subissent ceux qui ont fait le choix courageux de ne plus faire souffrir les animaux.

Un petit rappel s’impose. Le végétalien (terme plus adapté que son anglicisme vegan) est celui qui par conviction refuse toute alimentation d’origine animale (viande, poisson, crustacé… ) ainsi que ce qui peut en découler, principalement le lait, le beurre et les œufs. En résumé, c’est un gourmand qui digère mal les agonies.

Vous en avez maintenant l’habitude dans cette chronique, je vous propose un tour d’horizon de la bêtise ambiante.

« Les vegans ne mangent que des brocolis ou des graines »

Devant un plat de pâtes, le végétalien doit parfois se justifier, comme quoi il y aurait une contradiction entre la philosophie affichée et la réalité. Explication : Les pâtes comme les pommes de terre, le chocolat, le riz, les bananes, les lentilles, le blé ne sont pas des animaux. Ils ne sont pas doués de sensibilité. Ils ne se reproduisent pas entre eux. Il est très difficile d’établir une relation interactive avec un ravioli ou d’apprendre à chercher la balle à une brioche. Ce type d’informations censé être assimilé en CP ne l’est visiblement pas par tous. Le comportement végétalien est riche et variée. Il n’y a donc pas de risque de carence dans cette alimentation. Si vous en doutez, allez voir sur scène Paul McCartney, végétarien depuis 45 ans, qui à 75 ans pète la forme et assure 3h de show tous les soirs. Le vegan qui se nourrit uniquement de racines de rhododendron ou de salsepareille est un pur stéréotype (sauf dans les Schtroumpfs).

« Il y a des choses plus graves aujourd’hui que de soucier du sort des animaux »

On tombe pile poile sur le reproche de « l’indignation sélective ». Au passage, c’est quoi une indignation qui ne serait pas sélective ? Parce que trouver que les abattoirs sont une monstruosité, une honte pour l’humanité, ça rendrait de fait indifférent au sort des sans-abris, des victimes de guerre, des handicapés. Ce serait l’un ou l’autre. Heureusement, notre sensibilité est suffisamment étendue pour s’émouvoir du sort de tous et notre éventuel engagement dans une cause n’implique pas forcément qu’on dédaigne celle des autres. Quelle tristesse de vouloir mettre en concurrence les peines.

« Les animaux ne souffrent pas comme nous »

Aaah, cette accusation d’anthropomorphisme qui revient en boucle. Heureusement, la parole se libère. Les éthologues et les biologistes commencent à dire le contraire même si le mystère animal reste entier. Si vous marchez sur la queue d’un chat, il hurlera parce qu’il a mal. Si vous abandonnez chez vous un chien une journée, il restera à vous attendre toute la journée devant la porte parfois même en gémissant. La réaction de panique des vaches à qui on arrache la progéniture dès la naissance pour l’emmener à l’abattoir n’est pas éloignée d’un comportement humain. L’industrialisation de la mort pour couvrir des besoins dont nous pouvons nous passer n’est pas justifiable. Forcer les mammifères à se reproduire jusqu’à épuisement, et puis une fois que ceux-ci deviennent improductifs, finir par les exterminer, voilà le quotidien de nos abattoirs.

L’observation des poussins passés à la broyeuse démontre à quel point nos sociétés ébahies devant les nouvelles technologies ne se rendent pas compte qu’elles servent aussi à nous déshumaniser devant la souffrance fût-elle celle des volailles.

Dans ce domaine, la bêtise ne semble pas connaître de limites. Elle a conduit dans un passé récent certains industriels à vouloir rendre carnivore des vaches avec de la farine animale et les conséquences que nous connaissons.

« Mais les animaux aussi sont carnivores !!! »

L’argument qui tue, qui donne un caractère irrévocable et une supériorité à la personne qui l’assène. Puisque les animaux font souffrir, nous avons le droit d’en faire autant. Les animaux contrairement à l’homme ne tuent jamais par plaisir. Les animaux ne se sont jamais rendus coupables d’aucune guerre, d’aucun génocide vis-à-vis d’une autre espèce, encore moins la sienne comme les humains. Les animaux ne tuent que pour survivre. Ils n’ont pas construit de civilisations ou de science qui leur permettrait d’avoir un autre comportement. En revanche aussi sauvage soit le crocodile, on ne le verra jamais ouvrir un enclos avec du bétail à reproduire pour le seul objectif de le faire mourir.

Il est toujours étonnant que ceux qui aiment rappeler à quel point ils sont supérieurs aux animaux utilisent un argument qui les met sur un pied d’égalité.

À travers ces exemples, il ne s’agit pas de culpabiliser qui que ce soit. Les mécanismes de violence qui s’exercent sur les animaux finissent toujours par s’appliquer aux hommes. Dans les massacres de masse, il y a toujours l’idée par ceux qui les perpètrent, d’une permissivité, d’une apathie de l’opinion publique devant l’injustifiable.

Quelques restaurants végétariens et végétaliens dans la région Auvergne-Rhône-Alpes :

La BerGamothée : 1, place du Mazet, 63000 Clermont Ferrand

Against the grain : 135, rue Sébastien Gryphe, Lyon 7e

Kezako : Ancienne Gare (rue de la Gare) 34390 Saint-Étienne d’Albagnan