L’artiste verrier Antoine Brodin, ardéchois d’adoption, a été désigné lauréat de la troisième édition du Prix L’Œuvre de la Fondation Ateliers d’Art de France, pour son projet Migration. A l’âge de 13 ans la tante d’Antoine Brodin l’a initié au dessin et à la peinture. Sa passion pour l’art s’enracine à ce moment-là. C’est en 2004 qu’il découvre le verre soufflé qui le fera voyager à Montréal, Nancy, Venise, Tokyo et Paris. Il tente, à travers ses sculptures, de s’affranchir de la technique pure du verre soufflé, notamment avec l’abrasion par sablage. Tel un funambule en quête de nos tensions de mémoire, il cherche le point d’ancrage de l’éphémère et de la raison, des haïkus visuels qui nous ramèneraient en ces temps où tout semblait mystérieux.

Le projet d’œuvre : « Permettre la création d’une œuvre remarquable »

Pour son projet d’œuvre monumentale Migration, Antoine Brodin propose une installation sous forme d’une barque-squelette, un joyau ciselé de plus de 4 mètres de long en partie recouverte par du sable blanc de Fontainebleau (sable déposé par la Mer Stampienne il y a 35 millions d’années et servant à la composition du verre). Face à ce moucharabieh spectaculaire, l’observateur pourra sentir tant la force de l’érosion qui s’en dégage qu’une promesse de retour au sable, à l’océan.

Antoine Brodin ajoute sur la symbolique de son projet : “Au détour d’une rivière ou en bord de plage, couchée sur le flanc, repose une barque, un squelette de cétacé, une ossature témoignant de l’usure du temps ou de l’abandon des hommes… Un vestige muet.”

De cette analogie entre la structure d’un canoë et le squelette d’un mammifère marin est née une barque-sculpture de grande dimension qui nous ramènerait à ces temps anciens où tout nous semblait mystérieux.

“Le bois ou le calcium se sont fossilisés jusqu’à devenir pierre précieuse. Cette pierre semble avoir été travaillée par la main de l’homme ou bien rongée par le temps, délicatement, comme une dentelle de verre dont la nature a le secret.”

Pour la réalisation de son projet Migration, Antoine Brodin bénéficie d’un budget de 40 000 euros et d’une campagne de communication et de diffusion de l’œuvre, orchestrée par la Fondation.

Elle permettra de suivre le processus de réalisation de l’œuvre et le vécu du créateur impliqué dans ce projet à long terme. Au printemps 2018, l’œuvre sera dévoilée au public dans un lieu emblématique de premier plan.

Rendez-vous sur le site fondationateliersdart.org pour suivre pas à pas la création de la pièce et les impressions d’Antoine Brodin.