Pour la plupart des gens, les congés d’été signent le début de la déconnexion avec leurs smartphones et la véritable connexion avec le monde environnant, plus familial, amical et festif. Pour autant, cette trêve estivale rime-t-elle réellement avec détox digitale ? Quelle relation entretenons-nous avec nos smartphones ? Bigben Connected, entreprise française de l’accessoire pour smartphones et tablettes, a souhaité comprendre et analyser la relation que les Français entretiennent avec cet objet du quotidien.

Mais quelles spécificités pour la région Auvergne Rhône-Alpes ?

Si la région Auvergne Rhône-Alpes est très représentative de la moyenne nationale, elle est également la région de France où les habitants sont le plus attachés à leur smartphone. En effet, 75% des personnes interrogées en région Auvergne Rhône-Alpes ont indiqué compter utiliser leur smartphone pour immortaliser leurs souvenirs de vacances, contre 67,03% pour la moyenne nationale.

Pour 40% des personnes interrogées dans cette région, le smartphone est une part intégrante de leur intimité, un objet incontournable à protéger. Seulement 37% se sentiraient « Simplement ennuyés » alors que pour les 63% restants, le ressenti seraient beaucoup plus marqué (Dépourvu 33 % / Anxieux 12% / En panique 18%) en cas de perte ou de casse de leur smartphone.

Entretien avec le Dr. Laurent Karila, spécialiste des addictions comportementales

Que pensez-vous des grands chiffres de la relation des français au smartphone ?
Dr Laurent Karila : On voit la place importante du smartphone dans la vie quotidienne mais elle n’est pas prépondérante : assistance de vie de tous les jours, intimité, outil cognitif. Il aide à stocker les souvenirs mais c’est juste un outil, car quand il n’y en avait pas, l’homme s’adaptait autrement. Je parlerai plutôt de la plasticité de l’être humain à s’adapter aux choses et à l’environnement. Le nombre de consultations n’est pas un critère suffisant pour parler d’addiction. La fréquence d’usage doit être couplée à d’autres éléments. Plus de 50 fois, on parle plutôt d’hyper-usage, la notion de contrôle est importante. Le smartphone cassé, sans réseau, sans batterie est lié à la peur d’être déconnecté. Ce phénomène ne touche pas tout le monde.

Plus précisément, le smartphone serait-il devenu une forme d’extension de soi ?
Dr Laurent Karila : L’extension de soi est un terme que j’ai utilisé rapidement dans le cadre de mon travail sur l’utilisation, l’hyper usage, l’addiction aux smartphones. Oui, le smartphone est un cordon ombilical psychosocial, un doudou virtuel… Il rassure, permet de vérifier, facilite le maintien d’une proximité symbolique en réponse immédiate à toute sollicitation et peut être source d’angoisse lorsqu’il est absent.

Dans les cas les plus extrêmes, on parle de nomophobie. Quels sont les symptômes ?
Dr Laurent Karila : La nomophobie n’est pas un cas extrême. C’est une techno-angoisse de séparation. Elle se manifeste par des symptômes d’anxiété en cas de perte, de mauvaise couverture réseau ou de batterie faible (UK Post, 2008). Parmi 200 utilisateurs d’iPhone, 75% d’entre eux dormaient avec et 69% préféraient perdre leur valise que leur smartphone (Étude Stanford, 2010). La nomophobie est fréquemment associée à l’angoisse d’être déconnecté (AED ou Fear of Missing out (FoMO) en anglais), de rater des échanges, des tchats, des moments virtuels, des statuts facebook, des tweets, des snaps…

Pour conclure, le Docteur Karila, spécialisé dans l’addictologie et porte-parole de l’association SOS Addictions évoque les bénéfices de cette technologie de pointe, et ajoute “la vie virtuelle et réelle est une balance décisionnelle avec également ses inconvénients. Contrôler, gérer son temps avec son smartphone sont les mots clés d’un bon usage du doudou virtuel.”