François Noël Martin est un artiste plasticien qui a su meubler sa vie par sa passion. Actuellement à 66 ans, il vit encore de son art et dans son art. Il nous reçoit dans son atelier de Billom, dans une ruelle charmante au cœur de cette petite ville d’Auvergne.

Son parcours professionnel a débuté à Paris dans le secteur paramédical mais écrire de la poésie a toujours été l’activité favorite de François-Noël Martin. Il a également transité dans le métier de podo-orthésie à Paris et de cordonnier-bottier en Auvergne, mais pour toujours revenir à sa passion d’artiste. Il était en contact avec le cuir et la toile durant son passage chez Vuitton à Saint-Pourçain et dans une entreprise à Cournon. C’est par amour que ce breton de naissance s’est installé en Auvergne. Sur la façade de son atelier cohabitent les deux drapeaux étendards de ses régions de cœur.

En 1978, François Noël Martin a fondé avec deux autres artistes, dont Georges Begon, une association d’artistes. Cette association a débuté avec 3 artistes comme membres, plus un secrétaire-trésorier. Il évoque une raison de santé lors de la cessation d’activité de cette association en 2003.

La poésie lui a permis de faire face à la vie, de voir la vie du bon côté. Il a avoué s’être caché derrière la poésie comme un jeune homme se cache derrière les mots écrits pour sa bien-aimée. Le Conseil Régional de Clermont-Ferrand a publié quatre de ses recueils. En 1995, l’UNESCO l’a mandaté pour écrire un texte intitulé « Obscurité », c’est de là qu’a commencé sa vie d’artiste. Par la suite, dans le cadre du Prix Rutebeuf, il a concouru avec un recueil de trente poésies. Souhaitant étendre son art vers une expression plus visuelle il a opté pour le collage, pensant que ce serait l’option la plus facile. Il a eu tort mais il a persévéré dans cette optique et c’est dans cette persévérance qu’il s’est découvert une seconde passion.

Actuellement, il est à fond dans le Pop’Art, avec Jacques Villeglé. Il travaille sur l’art brut en déchirant, puis en assemblant des morceaux de papiers.

Le fond, comme la forme sont importants dans le collage. Tout en avançant dans son art, François Noël Martin a non seulement essayé de montrer une belle lecture mais il a aussi insisté pour donner un beau lissage à ses œuvres. Le lissage consiste à enduire de vernis ou de résine, et à deux reprises (avec 4 heures d’intervalles) la surface de l’objet constitué de morceaux de papiers. De ce fait, la texture du produit fini doit être lisse et ne doit comporter aucune trace de pinceau.

Le collage peut intervenir dans différentes formes d’art, comme dans la fabrication de paravent, de chapeaux, ou des fresques. Il lui arrive aussi d’accepter des commandes spéciales comme celles pour un coutelier de Thiers. Le collage peut aisément se marier avec d’autres arts comme la peinture ou les produits finis comme cités précédemment.

Les matières premières, vieux journaux, affiches, etc, sont recherchées dans des brocantes ou  sur Internet. La réalisation d’une commande peut demander jusqu’à trois mois, selon l’inspiration de l’artiste, car une maquette doit être réalisée dans son cahier, les matières à utiliser doivent être réunis avant de commencer la réalisation proprement dite de l’œuvre d’art. Dans l’atelier de François Noël Martin, tout est classé dans des boites étiquetées, art-déco, trains, bateaux, érotique… Ainsi, ce qui semble être un fatras pour le visiteur est en réalité parfaitement familier à l’artiste qui semble là comme un poisson dans l’eau.

C’est l’Adagp (Auteurs dans les Arts graphiques et plastiques) qui s’occupe de la protection de ses droits depuis 2006. Ainsi, cette société peut tracer les ventes de ces œuvres de par le monde et lui verser 4 à 12 % de droits d’auteur.

François Noël Martin compte actuellement 800 à 900 tableaux à son actif depuis ces trente années d’exercices.

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