Auvergne-Rhone-Alpes vue de Shangai !
Barbara Larivaille

Avez-vous déjà été en Chine ? N’est-ce pas merveilleux ? En tout cas, c’est ce que nous laisse penser Barbara Larivaille durant son interview. Jeune femme de 23 ans, encore étudiante et originaire de la Région Auvergne Rhône Alpes, elle vit actuellement en Chine et plus précisément dans la splendide ville de Shangai. Difficulté d’adaptation et de communication mais aussi des rires, des émotions fortes, des surprises et des expériences uniques qu’elle ne regrette vraiment pas, voici ce qu’elle nous en raconte !

Aglaë Feelgood : Est-ce que tu peux te présenter Barbara?

Barbara Larivaille : Oui. J’ai 23 ans et je suis encore étudiante. J’ai suivi des études en commerce en intégrant une école de commerce à Lyon. Puis, je suis partie un an à l’étranger. Et après, j’ai fait 6 mois de stage en « Project Management » à Rome. Ensuite, je suis retournée étudier à Lyon pendant un an. J’ai également eu 6 mois de stage à Paris chez Chanel. Et là, maintenant, je fais un échange universitaire à Shangai avec Lyon depuis début septembre et ce jusqu’en décembre.

Aglaë Feelgood : Et pourquoi ce choix ?

Barbara Larivaille : Tout simplement parce que durant mon parcours, c’est le séjour que j’ai le plus adoré, qui m’a le plus marqué. C’est très intéressant.

Aglaë Feelgood : Peux-tu alors nous raconter comment cela se passe ici à Shanghai ?

Barbara Larivaille : Au début, l’adaptation  était un peu difficile mais au final cela se passe très bien. Je me suis habituée petit à petit à la vie d’une expatriée. Et j’ai beaucoup voyagé.

Aglaë Feelgood : Alors, tu t’es baladée ?

Barbara Larivaille : Oui. En étant étudiante, on ne pouvait faire autre chose. Donc je me suis dit que je pourrai bien profiter de mon séjour à Shangai pour visiter la région, notamment le sud de la Chine où il y a de magnifiques paysages de rizières, de cours d’eau. J’ai pu également monter sur le mont sacré et visiter le temple des cinq immortels de Wudang. C’était magnifique !

Aglaë Feelgood : Et la vie quotidienne d’une expatriée française à Shangai ? C’est comment ?

Barbara Larivaille : Mon séjour n’est pas très court donc je peux en profiter pleinement pour vivre à la chinoise. On mange quotidiennement dans la rue, et on craque une fois par semaine pour un resto européen exorbitant où les prix sont très chers par rapport à ceux de la Chine. On sort beaucoup aussi. Et avec mes collègues de groupe (de 4 à 5 étudiants), on suivait un programme projet de consulting. Chacun de nous reçoit un projet d’une entreprise à Shangai. On entretient une stratégie d’éveil et des petits tests suivant des questionnaires. Et on s’impliquait beaucoup pour rentrer en contact avec les Chinois.

Aglaë Feelgood: Que veux-tu dire par « vivre à la chinoise » ?

Barbara Larivaille : Alors, vivre à la chinoise c’est différent de la vie française. On ne fait pas de gros repas et on ne mange pas trois fois par jour. On se contente juste de manger des petits amuse-gueules à 10h, une boisson rafraîchissante à midi et quelques brochettes le soir. On ne sait jamais à quelle heure on rentre à la maison et à quelle heure on va  sortir. Il n’y a pratiquement pas d’horaires. Tout est moins rythmé qu’en France. De plus, c’est plus en sécurité. On peut sortir en pleine nuit et trouver encore de petits marchands de brochettes. Mais j’hésite quand même à fréquenter les petites rues.

Aglaë Feelgood : Est-ce que tu as déjà essayé de trouver des produits français à Shangai ?

Barbara Larivaille : Bien sûr. J’habite tout près des carrefours de Shangai où il y a les plus grands magasins et boutiques de la Chine. Mais les produits importés comme « La vache qui rit » et « Président » y sont très chers et rares. Ils sont classés comme des produits de grandes marques. Et en plus, je ne maîtrise pas très bien le chinois donc j’ai eu du mal à commander des produits français.

Aglaë Feelgood : Donc, tu ne fais jamais de cuisine ?

Barbara Larivaille : Juste de temps en temps. Je me contente de manger des salades, des petits légumes, des woks. Et c’est impossible de faire des gâteaux et d’en trouver. Mais heureusement, il y avait eu une « semaine française », le mois dernier, où des expatriés français en Chine exposaient des stands de boulangerie, de fromage, de vins français, etc.  J’y ai acheté des pains.

Aglaë Feelgood : Est-ce qu’il y a beaucoup d’expatriés en Chine ?

Barbara Larivaille : Oui. On peut dire qu’il y a beaucoup plus de français en Chine que d’Américains. On en trouve dans plusieurs quartiers de Shangai et notamment dans le bar « Le café des stagiaires ».

Aglaë Feelgood : Et des Auvergnats comme toi ?

Barbara Larivaille : Oui. J’y ai croisé quelques-uns de mes amis d’enfance, de la classe CP. Je les vois un peu partout.

Aglaë Feelgood : Est-ce que les Chinois connaissent des personnalités françaises ?

Barbara Larivaille : Non, pratiquement pas ! Seulement Audrey Tautou et Sophie Marceau. Les Chinois n’ont pas accès à l’information. Quelques-uns ont même été surpris de m’entendre parler chinois.

Aglaë Feelgood : Ils vivent donc en dehors du temps ?

Barbara Larivaille : Oui, on peut dire cela. Il faut 3 à 4 jours pour qu’on puisse voir les nouvelles couvertures d’un magazine. Et je me suis dit que ce n’est pas possible. Les métros ne diffusaient pas d’infos. Ils sont uniquement intéressés par les paysages et les surprises.

Aglaë Feelgood : A ton avis, quelle image les Chinois ont de la France ?

Barbara Larivaille : C’est concentré « gastro ». Ils n’aiment pas les fromages. Ils n’en mangent que dans des croques-messieurs. Et ils ont aussi une image « mode » de la France car les vêtements de grandes marques parisiennes sont classés comme des produits de luxe. Donc c’est « cuisine » et « mode ».

Aglaë Feelgood : Est-ce que les Chinois connaissent la Région Auvergne-Rhône-Alpes ?

Barbara Larivaille : Non, les Chinois ne connaissent que Paris. Et le plus drôle, c’est qu’ils considèrent toutes les personnes blanches comme des Américains alors qu’on trouve plus de Français que d’Américains. Les chinois sont difficiles à aborder. De plus, il y a un décalage d’âge entre Européens et Chinois. Ils sont moins matures.

Aglaë Feelgood : Quelles seront donc les atouts de la Région par rapport aux marchés chinois ? Et qu’est-ce qu’elle a à leur apporter ?

Barbara Larivaille : Il y a bien des choses que les chinois ne connaissent pas encore. Je peux proposer qu’on leur fasse mieux connaître les sports d’hiver, c’est-à-dire tout ce qui est « ski », mais aussi côté infrastructures, logistique, et expertise.

Aglaë Feelgood : Merci Barbara pour cette interview !

Barbara Larivaille : Merci à vous aussi !