Capture d'écran "Le Nom de la Rose" - Jean-Jacques Annaud

Peu de gens le savent mais c’est un Auvergnat, Pierre de Montboissier, qui le premier en occident a fait traduire le Coran en latin. C’était en 1142. Cette traduction avait pour but de démontrer le caractère hérétique de la doctrine musulmane. Pour autant, loin de prêcher les croisades, l’ecclésiastique encourageait le débat inter-religieux. Une posture dont quelques-uns de nos hommes politiques devraient s’inspirer aujourd’hui.

Après un mois de vacances bien méritées sur les plages d’Arabie Saoudite, la rédaction de PressNut News est enfin de retour. Mais il faut que je vous raconte. A peine arrivé à l’aéroport de Jeddah, Christophe Siébert s’est mis en tête de trouver un troquet pour boire un demi et explorer les graffitis des toilettes. Nous ne savons toujours pas où il est à ce jour mais nous attendons sa chronique pour jeudi. Marie de Luze et Aglaë Feelgood ont aussitôt enfilé un burkini pour rejoindre la très renommée Silver Sand Beach. Seul Arnaud de Launac a préféré se soustraire à ce voyage d’études et s’est envolé pour Bali, plus précisément vers le spot gay de Seminyak, afin de tester l’effet de son nouveau string en cuir. Pour ma part, je me suis plongé dans la seule lecture plus ou moins autorisée là-bas, le Coran, et je me suis posé la question suivante : «mais qui a bien pu traduire ce texte pour la première fois en occident ? »

J’étais loin de me douter que mes recherches allaient me mener… dans ma propre région ! Car c’est en effet en Auvergne Rhône-Alpes, plus précisément à Brousse, dans le Puy-de-Dôme, qu’est né Pierre de Montboissier vers 1092 après Jésus Christ. Issu d’une famille aristocratique originaire des monts du Livradois, il est destiné très jeune à la vie monastique. Elevé au prieuré de Sauxillanges qui dépendait de l’ordre de Cluny, le jeune homme devient moine à 16 ans. Une quinzaine d’années plus tard, il est élu neuvième abbé de Cluny, un ordre immense qui jouit d’un prestige incomparable et d’un passé prestigieux. Il engage alors une série de réformes pour redonner à l’ordre clunisien son faste et son rayonnement.

ce poison mortel qui a infesté plus de la moitié du globe

Pierre de Montboissier rédige également des traités afin de réfuter les doctrines israélites et musulmanes. Pour cela, il fait traduire le Coran en latin sous le nom de « Lex Mahumet pseudoprophete » (loi du pseudo-prophète Mahomet, en latin). Il s’agit de la première traduction de ce texte en Occident, version qui demeurera la plus courante jusqu’au XVIIIe siècle. Pierre de Montboissier explique ainsi cette entreprise gigantesque : « Je suis allé trouver des spécialistes de la langue arabe qui a permis à ce poison mortel d’infester plus de la moitié du globe. Je les ai persuadés à force de prières et d’argent de traduire d’arabe en latin l’histoire et la doctrine de ce malheureux et sa loi même qu’on appelle Coran. »

On le voit, déjà en 1142, l’islam fait débat… Près de mille ans plus tard, la planète continue à bouillonner et, une fois encore, le débat a laissé la place à la guerre, aux attentats et à la désolation. Dans une enquête publiée le 24 aout 2016 par le New York Times, le journaliste Scott Shane affirme que l’Arabie Saoudite, jouant à la fois un rôle de pompier-pyromane, aurait contribué à créer un monstre dans le monde de l’islam en ayant, notamment, diffusé durant deux décennies une traduction anglaise falsifiée du Coran. Il me semble qu’en ces heures creusées de haine, Pierre de Montboissier, farouche opposant aux croisades, a montré la voie : « Qu’on donne à l’erreur mahométane le nom honteux d’hérésie ou celui, infâme, de paganisme, il faut agir contre elle, c’est-à-dire écrire. »