Lyon : Donner pour donner…

C’est la seule façon d’aimer. Cette chanson immortalisée par France Gall et Elton John symbolise à merveille l’initiative de l’association « Les Boites à Partage ». Des casiers sont installés un peu partout dans Lyon. Tous ceux qui le souhaitent peuvent laisser ou prendre des objets dans ces boites. Objectif : créer un lien social fort qui s’affranchit des relations consuméristes.

À l’origine de ce concept – le hasard. En 2014, Stéphanie Genelot, la fondatrice de l’association a entendu parler pour la première fois de boîtes d’échanges entre voisins grâce à une amie qui habite en Suisse. Séduite, elle regarde ce qui se fait à Lyon et remarque qu’il n’y a rien de comparable. Elle décide donc de se lancer et d’importer cette initiative avec l’accord de l’équipe suisse. Elle en profite ensuite pour développer un réseau afin de regrouper des actions similaires qui sont nées en même temps que son projet.

À Pressnut.com, elle confie que le premier objectif de l’association est d’accompagner les personnes qui veulent créer des boites à partage sur tout le territoire. C’est ainsi que l’on voit fleurir des boîtes à livres, des boîtes à dons ou encore des boîtes à graines. Stéphanie Genelot souhaite promouvoir toutes les initiatives liées aux dons. En effet la devise de l’association c’est «gratuité, liberté et inconditionnalité ». On peut prendre un objet, en donner un mais il n’y a pas d’obligation de réciprocité.

Si depuis trois ans, elle est bénévole, elle espère cependant pouvoir se rémunérer prochainement au sein de l’association dont elle est aussi la présidente, car « Les Boîtes à Partage » c’est sa passion et elle y passe toute sa vie. Cette toute jeune structure essaie donc de mettre en place des adhésions à l’association. « Les particuliers bénéficieront toujours d’un accompagnement gratuit, ça on y tient. En revanche, quand on est contacté par des structures professionnelles comme les centres sociaux ou les collectivités locales, là on travaille sous forme d’ateliers de formation qui sont payantes. » La fondatrice précise que ces institutions peuvent faire appel à elle pour les aider dans leur communication.

Côté paperasse, chaque boite dans l’espace public doit avoir une autorisation du maire. Bien qu’implanté à Lyon, l’association accompagne des projets un peu partout en France notamment à l’Île de la Réunion et même au-delà puisqu’il y a des projets en Belgique et en Tunisie.

Le succès de ces boîtes à partage a surpris l’association. En effet, Stéphanie Genelot n’a jamais démarché personne : « Les gens viennent directement à nous et nous disent c’est génial, je veux faire la même chose ». Elle compte plusieurs dizaines de demandes de particuliers chaque semaine. En ce qui concerne le profil type des personnes qui laissent des objets où qui les récupèrent et bien… il n’y a pas de profil type. Ça va des étudiants aux retraités, du quartier populaire au quartier chic, toutes les religions sont représentées. C’est universel et c’est ce qui enthousiasme l’association.

Concernant le dispositif, Stéphanie Genelot ne donne pas de mode d’emploi en ligne et affirme qu’il n’y en aura jamais. « Si les gens veulent créer une boite, on les accompagne en vrai, on veut vraiment être là physiquement avec eux, les rencontrer, les connaître. C’est une vraie démarche philosophique. Si quelqu’un veut contrôler ce qui se passe dans la boîte ou s’adresser à une communauté, ce n’est pas pour nous. »

Il y a évidemment dans cette démarche une sensibilité écologique, une volonté de ne pas jeter, de recycler et de rentrer dans une sorte d’économie circulaire en donnant tout simplement une deuxième vie à un objet dont on ne se sert pas à la maison. Un autre but de l’association est d’arriver à l’autogestion. Les Boîtes à Partage doivent être entretenues par les utilisateurs. Il n’y a pas de service de nettoyage derrière. Il s’agit ainsi de responsabiliser les individus.

Pour toutes personnes désireuses d’en savoir plus, le site internet en construction www.boitesapartage.fr permet de localiser les boîtes à Lyon.

On a commencé en chanson, on termine en chanson. Comme l’a si bien chanté Enrico Macias dans son Mendiant de l’amour «  Donner, Donner, Do-onner, Dieu vous le rendra ».