© PressNut News / Rue des Plaisirs

C’est un drôle de rendez-vous que j’ai aujourd’hui. J’avoue que je ne sais pas trop à quoi m’attendre car je dois rencontrer le webmaster d’un sex-shop en ligne. A travers les ruelles étroites de la vieille ville de Clermont-Ferrand, je trace mon chemin jusqu’à un immeuble en pierre de lave. C’est là, dans les bureaux situés au quatrième étage, que je rencontre un certain David. Ici est géré l’un des 10 sex-shop en ligne incontournables de France.

PressNut : alors, c’est ici que tout se passe ? Où sont donc les fouets, godes et autres accessoires BDSM ?

David : je te rassure tout de suite, ici nous nous occupons de la communication, du design et du marketing. Notre société possède également des bureaux dans le sud de la France d’où sont gérées toutes les expéditions ainsi que le développement informatique.

PressNut : en quelle année a été créé le site Rue des Plaisirs ?

David : il y a une quinzaine d’année, en 2001 avec l’essor du commerce en ligne. Notre société, qui est une agence de développement de e-commerce a repris le site en mars 2015. Nous avons trouvé rigolo de vendre des love toys sur Internet.

PressNut : vous vous positionnez comment ?

David : nous sommes l’un des dix sexshop en ligne français un peu incontournables. Quand nous l’avons repris, nous avons refondu tout le design du site et nous l’avons rendu responsive, car les ventes sur mobile et sur tablette représentent près de 50 %.

PressNut : vous avez enrichi la gamme de produits ?

David : oui, j’ai personnellement rentré beaucoup de lingerie. C’est un pôle que je voulais agrandir.

PressNut : tu es fétichiste de lingerie ?

David : on peut dire ça (rires). Mais c’est un poste qui me semblait intéressant car cela permet d’attirer des gens qui ne connaissent pas forcement les love-toys. En France c’est encore un peu caché. On est resté avec la vieille image du sex-shop planqué derrière un rideau miteux avec un panneau rouge qui clignote, alors que dans d’autres pays d’Europe, ce n’est pas du tout le cas.

PressNut : comment est la clientèle ?

David : elle est issue de toute la France et même des pays étrangers. Nous livrons beaucoup en Israël, au Canada, énormément dans les DOM-TOM et même dans les pays du Maghreb. Les belges et les Suisses sont, proximité oblige, de très bons clients. Enfin, par l’intermédiaire de certaines marketplaces nous vendons dans le monde entier.

Les love-toys bientôt remboursés par la sécu ?

PressNut : et la tranche d’âge ?

David : de 0 à 18 ans c’est 0% et heureusement car c’est réservé à un public adulte. De 18 à 25 ans, 8 %. De 25 à 35 ans, 27 %. de 35 à 50 ans 26 % et de 60 à 70 ans nous sommes à 10 %. Au delà de 70 ans nous sommes à 29 % mais je pense que ce sont des gens qui mentent sur leur âge ou alors nous sommes dans un pays où les retraités se portent plutôt pas mal.

PressNut : un sex-shop en ligne, ça se gère comme n’importe quel site de e-commerce ?

David : pas tout à fait. Il y a certaines spécificités que certains clients ne conçoivent pas toujours. Notamment les retours produits. Nous avons tous déjà commandé des vêtements et demandé la taille en dessous ou au dessus. Et bien nous avons certains clients qui nous disent « écoutez, le sex-toy que nous avons acheté, on l’a essayé, il est trop gros, on aimerait bien avoir la taille en dessous ». Malheureusement ce n’est pas possible car nous ne sommes pas dans un magasin de chaussures et la loi ne nous autorise pas à échanger ces produits qui sont considérés comme des produits pharmaceutiques. Mais nous faisons parfois des gestes commerciaux.

PressNut : quelle est la tendance du moment ?

David : incontestablement c’est le Womanizer, un vibromasseur, à priori plutôt pour les femmes clitoridiennes. Il ressemble à un petit aspirateur et son taux de satisfaction approche les 99 %. Enfin c’est ce qu’on m’a dit.

PressNut : et pour les hommes ?

David : là aussi ce sont les masturbateurs qui marchent bien. Certains sont moulés sur le corps d’actrices bien connues. Nous avons été stupéfaits par un produit que nous venons de rentrer le TwerkingButt Deluxe, un masturbateur très innovant et très moderne puisque l’utilisateur a un casque de réalité virtuelle sur la tête et un fessier moulé en silicone qui, parait-il, donne des sensations plus vraies que nature. Il est chauffant et il vibre au rythme de la musique.

PressNut : une anecdote pour finir ?

David : un jour un client voulait un produit que je ne connaissais pas. Je lui ai demandé un mail pour lui répondre et c’était un truc du style « lasuceusedeputeaux », le genre de mail qu’on n’utilise pas pour s’inscrire sur Pôle emploi, tu vois (rires)… Sinon nous avons aussi des clients très décomplexés qui nous appellent pour nous dire : « c’est génial votre truc ! Ça marche super bien ! » Ça fait toujours plaisir d’avoir des retours…

La vidéo de présentation du TwerkingButt Deluxe est tellement rigolote qu’on a souhaité vous la faire partager :