Mélenchon président, le 24 avril il sera trop tard

Nous sommes le 23 avril, il est 20 heures, les visages des deux gagnants du second tour apparaissent sur votre écran : Émmanuel Macron-Marine Le Pen. 

Oui, ce scénario semblait être jusqu’à aujourd’hui le plus probable. Nous aurions joué à nous faire peur durant l’entre deux tours, l’ensemble des partis républicains aurait feint l’inquiétude face à la menace de l’arrivée au pouvoir de la candidate de l’extrême droite. Des rassemblements place Belcourt à Lyon, place de Jaude à Clermont-Ferrand sans compter la vaste mobilisation de la place de la République dimanche 30 avril à Paris à l’appel de l’ensemble des militants des droits humains.

Chacun sachant pertinemment que le 07 mai, le candidat raisonnable allait largement l’emporter face à la présidente du Front National.

Ce sursaut d’inquiétude aurait eu le mérite de mettre en lumière les valeurs républicaines de notre pays et de montrer au monde que la France savait garder son honneur.

Seulement voilà, ce qui semblait acquis hier ne l’est plus aujourd’hui.

Il y a quelques mois lorsque j’évoquais devant mes proches le spectre d’un duel entre les deux extrêmes, je suscitais une réaction amusée. Un petit rictus. Une moue dédaigneuse. Un regard amusé.

-« Mais non Jacques, la France n’est pas communiste »

-« Allons Jacques, tu as vu combien il a fait Melenchon en 2012 »

-« C’est impossible »

Impossible n’est pas Français. Le tragique approche à pas de loup.

Ce fameux loup qui aujourd’hui se déguise en agneau pour mieux envoûter les dégoûtés du « système ».

Ce Jean-Luc Mélenchon qui, lui, vous a compris.

Il vous a en effet bien compris, il parle à votre instinct en feignant de s’appuyer sur un programme économique validé par des experts. Tiens, tiens, ces fameux experts qu’il exècre tant. La France insoumise deviendra vite la France sans un sous et ses habitants avec. Oui, même toi camarade qui comme moi peine à boucler ses fins de mois.

Un Parti Socialiste à l’agonie, un candidat de la droite républicaine anéanti, un jeune ambitieux qui s’achète ses costards mais dont le « peuple » rêve de lui en tailler un. Oui, trop propre sur lui le monsieur, trop jeune, trop ambitieux et suspect. Oui, les médias semblent l’apprécier, ceux là même qui sont déconnectés de nos préoccupations. « Non, Macron, c’est le système ».

Le résultat, vous le connaissez désormais. L’extrême-droite sera le 23 avril face à l’extrême gauche.

Si nos responsables politiques aimaient notre pays, ils appelleraient dès aujourd’hui à un front républicain, car oui, le 24 avril, il sera trop tard.