Rover sera en concert au Bournot à Aubenas le 25 Février 2017 - Interview

Rover a réalisé son deuxième album « Let It Glow » chez lui, en Bretagne, et l’a enregistré au Studio Kerwax Loguivy-Plougras. Le chanteur rock, à la voix singulière, présente après un premier album unanimement remarqué en 2012 par la critique, son dernier album en Ardèche et se livre aux questions de notre rédaction.

AuvergneRhôneAlpes.info : Vos parents sont français et vous ont fait voyager, quelles influences cela a eu sur vous ? Et sur votre formation musicale ?

Rover : Cela est toujours compliqué de savoir ce que l’on retient des voyages. En tout cas, cela transpire dans la façon dont je fais la musique, je le sens… Savoir comment, c’est toujours un peu mystérieux . En tout cas, j’ai toujours retiré des voyages une forme, curieusement, d’amour de mon propre pays. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas bien à l’étranger mais de voir son pays de loin et devoir en parler à des gens qui ne le connaissent pas très bien, il y a quelque chose de très romantique en fait. On est en train de parler d’un pays que l’on aime, que l’on a quitté et pour qui on a un sentiment de culpabilité de l’avoir quitté, et que l’on retrouve en savourant chaque jour des petites choses que nous offre ce retour au pays : que ce soit un simple café-croissant ou la culture ou une météo…

C’est tellement intense de voyager pour moi, c’est aussi se déloger de certains repères, savoir se faire discret, observer les gens vivre quelque soit la culture. J’ai eu la chance de voyager au Moyen-Orient et ça a été une expérience assez forte puisque ce sont d’autres mœurs, d’autres rythmes de vie et ce qui est est curieux, c’est que les objectifs de vie sont les mêmes, ils veulent vivre pleinement leurs vies en paix. Voilà ce sont des leçons de vie très fortes et qui mettent du temps à être digérées. Il faut tout prendre dans le voyage.

AuvergneRhôneAlpes.info : Vous avez été guitariste dans un groupe de punk rock à Beyrouth pendant trois ans, quels souvenirs en gardez-vous ?

Rover : Le premier souvenir qui me revient, déjà, c’est d’être un élément parmi d’autres au sein d’un groupe donc la vie en groupe avec un groupe de rock est très différent d’un projet solo où l’on porte seul les responsabilités mais aussi les réussites ou les échecs. C’est savoir vivre en communauté, savoir vivre avec les qualités et les défauts des autres, cela tient presque du sport collectif et faire du punk rock au Liban c’est quand-même assez atypique. Ce n’est pas un pays qui est prédestiné à recevoir une scène de punk rock et nous avons eu à la créer. Nous avons tout créé nous mêmes : un Label, une scène, fédérer des jeunes pour qu’ils viennent aux concerts. C’est apprendre les ficelles du métier sans s’en rendre compte.

AuvergneRhôneAlpes.info : Passer du punk-rock au rock romantique, vous paraît-il allant de soi ? Et musicalement, est-ce sauter le grand pas pour un autodidacte ?

Rover : Il n’y a pas une énorme différence. Je pense que cela réside surtout dans le niveau de volume de l’amplificateur. On baisse un petit peu plus son amplificateur c’est tout et on laisse la place aux chants (rires). Après c’est le lieu qui fait que c’était punk, nous avions peu de moyens, nous répétions dans une ancienne station service, nous faisions tout nous-mêmes, nous avions une vieille coccinelle, nous avions une même voiture où nous mettions tout dedans. Nous avions une vraie démarche punk mais la musique n’était pas si éloignée de celle que je fais seul.

AuvergneRhôneAlpes.info : En 2013, vous interprétez une chanson en français de Jacques Dutronc « Le temps de l’amour », est-ce le message que vous voulez faire passer à travers votre musique ?

Rover : Je ne sais pas s’il y a un message en réalité. Je fais beaucoup de musique pour moi, assez égoïstement pour réveiller des émotions qui sont difficiles à exprimer autrement. C’est une manière d’exprimer ses doutes, ses forces, ses qualités. C’est très complexe en fait la démarche artistique, qu’est-ce qui nous pousse à écrire des chansons, à en faire un disque, à le jouer sur scène ? Je pense que c’est de l’ordre de l’intime, il y a quelque chose de très mystique là-dedans. Il n’y a pas de message, juste l’intention de ne pas se laisser abattre par un quotidien et d’avoir l’ambition de réaliser ses projets, quitte à se tromper, de ne pas avoir peur de se tromper. C’est plus quelque chose de cet ordre-là, quelque chose de sous-jacent et de moins informatif qu’un message.

AuvergneRhôneAlpes.info : Il y a beaucoup d’influence gainsbourienne dans vos albums dont « Let it glow », le premier titre de votre album, nous pensions à Melody, dans Melody Nelson…

Rover : C’est un disque que j’ai beaucoup écouté et que j’aime particulièrement chez Gainsbourg. Il se trouve que la console que j’ai utilisée en studio a servi à Gainsbourg pour enregistrer Melody Nelson. Forcément il y a peut-être une sonorité ou quelque chose de l’inconscient qui a voulu que je fasse cette partie de basse… Sachant que l’album Melody Nelson a été composé essentiellement autour du jeu de basse. S’il y a ne serait-ce qu’un écho à ce disque, c’est déjà un honneur.

AuvergneRhôneAlpes.info : Vous voyez-vous, vous qui aimez l’isolement, composer votre 3ème album aux fins fonds de l’Ardèche ?

Rover : Pourquoi pas ? Le lieu importe peu et en même temps il est très important parce qu’il faut que je m’y sente bien et le fin fond de l’Ardèche je le connais assez peu. Ce serait une expérience de me déloger et de m’installer dans un nouveau lieu. Je ne me l’interdis pas, sait-on jamais ?

Propos recueillis par Marie Cartigny

Crédit photo : Gassian

Le site Internet de Rover
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