Lyon : la diététique, un casse-tête chinois ?

Si pour Laëla Pataut, diététicienne-nutritionniste dans un cabinet à Lyon, la diététique chinoise est une passion, elle est complètement consciente que pour en arriver là, il faut retirer son cerveau occidental et mettre à la place un cerveau asiatique. Ceci requiert, en tant que praticienne, une excellente connaissance de la culture et des pratiques médicales chinoises. La diététique chinoise concerne tous les domaines du corps et de l’esprit. Théoriquement, tout se soigne avec la médecine chinoise. Êtes-vous prêts à tenter le voyage ?

Laëla Pataut l’a bien fait, elle, ce voyage parmi les émotions et le lien entre le corps et l’esprit : « Cela me passionne depuis que je suis toute petite en fait, même si j’ai commencé ma vie professionnelle dans la gestion et l’informatique, là où il y a un peu moins d’émotions…(rires). »

Une question nous taraude : comment devient-on une spécialiste de la diététique chinoise ? Laëla Pataut a fait une formation continue et s’est consacrée à l’étude de la médecine chinoise, de 2003 à 2007, dont la diététique chinoise, en même temps que son activité professionnelle, par le biais de l’école lyonnaise, une des rares au début, l’école SHAO YANG. École dirigée par une femme médecin chinoise, MA FAN. Les études de médecine chinoise en Chine sont aussi longues que des études de médecine en France avec toutes les spécialisations que l’on connaît : pédiatrie, gériatrie, oncologie, un peu de psychologie et de manipulation ostéopathique. «  Au début 10 week-end par an, cela ne me paraissait pas beaucoup et puis en fait c’est énormément de travail personnel, surtout dans ce domaine puisque c’est une autre logique, une autre culture. », explique la jeune diététicienne.

Ceci peut expliquer le fait qu’il existe peu de professionnels en diététique chinoise à Lyon ou bien ce sont des personnes qui, à côté de leurs corps de métiers, donnent des conseils en diététique chinoise. Ce constat émane directement du syndicat français de la médecine chinoise dont Laëla Pataut est la représentante au niveau national pour tout ce qui touche à la diététique. Il y a 5 branches dans la médecine chinoise : l’acupuncture, la pharmacopée, le TUI NA massage, la diétothérapie, les exercices gymniques respiratoires : le QI CONG.

En quoi consiste la diététique ou la nutrition chinoise ?

La diététique occidentale, elle, traite principalement les composants de la nourriture : les nutriments (protéines, lipides, glucides) et on parle en gramme et en calorie alors que la médecine chinoise s’attache, quant à elle, à savoir quel effet va avoir un aliment sur le corps. Les critères sont : est-ce que ça va te refroidir, ça va te réchauffer, est-ce que ça va créer une humidité ou au contraire est-ce que ça va t’assécher ? Donc, les aliments ne sont pas classés du tout de la même manière. Il y a deux critères principaux qui sont la nature et la saveur. La nature est l’aspect chaleur/froideur. Par exemple : quelque chose de réchauffant est le vin chaud l’hiver, exemple de quelque chose de refroidissant, c’est une assiette de crudité en été. Seul moment où la nutrition chinoise autorise les crudités car la médecine chinoise est contre les crudités. « Les crudités de manière générale sont à éviter en diététique chinoise », confirme Laëla Pataut.

La diététique chinoise classe les aliments en nature et en saveur. Les saveurs sont : doux, piquant, acide, amer et salé. Ceci peut prêter à confusion parce que l’on pense que c’est ce qui est ressenti par les papilles mais pas toujours. Les caractéristiques de la saveur correspondent aux caractéristiques des 5 éléments en médecine chinoise. Ces 5 éléments sont le bois qui correspond au printemps et au foie, le feu c’est l’été et le cœur, la terre c’est l’inter-saison (il y a une cinquième saison en médecine chinoise) et la rate, le métal c’est l’automne et le poumon et l’eau c’est le rein et l’hiver.

En médecine chinoise, on recherche la quête ultime : l’équilibre. « Le plus important, explique Laëla, est de réaliser que, en tant qu’ êtres vivants nous sommes en mutation perpétuelle et nous sommes en recherche perpétuelle de cet équilibre. Nous passons sans arrêt d’un équilibre à l’autre. La médecine chinoise suit les gens pour ne pas qu’ils tombent malades et la diététique chinoise est un outil de la médecine chinoise : c’est une branche principale. La médecine chinoise est une médecine préventive et curative mais la logique est qu’en Chine, on ne paye pas son médecin quand on tombe malade. En clair si un chinois tombe malade c’est que son médecin a mal fait son boulot…  La prévention c’est une part énorme alors que nous nous sommes dans une médecine d’urgence. »

Ce qui est en train de changer maintenant puisque Laëla Pataut voit des patients qui ne sont pas forcément malades ou qui n’ont pas de pathologies avérées.

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