A l’heure où Monsanto est à nouveau mis sous les feux des projecteurs, Médiapart titre un de ses articles « Enfin Monsanto va être poursuivi pour crimes contre l’humanité ». A l’heure où le Professeur Henri Joyeux traite Ducan de « du con », sur une chaîne à grande audience, tout en faisant la promotion de son nouveau livre : « Changer votre alimentation », la célèbre marque Le Parfait file depuis 20 ans le grand amour avec tous les néo-bobos et bobos d’aujourd’hui. Point de départ d’une success-story à la française, oups à l’auvergnate…

« Il y a 15 ans, on prenait un petit peu pour des sauvages ceux qui disaient non à la mal bouffe », s’exclame Christian Pradel, directeur commercial et marketing France pour la marque Le Parfait. Il faut dire que le succès d’une année dépend en grande partie du temps. La vente de bocaux est le meilleur baromètre pour décrypter les meilleures saisons. « Nous avons plus que doublé le chiffre d’affaires des bocaux en plus de 20 ans. Nous avons eu un accident ou deux, mais la courbe moyenne est toujours en progression », explique Christian Pradel. Quand il parle d’accident, il s’agit bien sûr d’un caprice de la nature telle que la terrible canicule de 2003. Parce que cette année là, à partir du mois d’août, les jardins n’ont plus été arrosés, toutes les tomates (entre autre) étaient grillées. Il manquait donc des matières premières à mettre dans les bocaux.

Christian Pradel s’amuse à dire qu’il fait un métier de paysan : « Nous vendons des bocaux bien entendu mais nous vendons d’abord un service. Le service c’est la capacité à chacun de faire ses propres conserves. Autrement dit, si vous n’avez pas de fruits et légumes, si vous avez une grippe aviaire, une fièvre porcine, si vous n’avez pas la matière première pour faire des conserves, Le Parfait fait une mauvaise année. » Pour autant, la marque vend chaque année 20 millions de bocaux.

Un conditionnement vieux comme le monde et moderne à la fois

La tendance est au verre parce que c’est beau et que cela décore bien une cuisine mais pas seulement. L’engouement pour le verre tient également du fait que ce produit regroupe plusieurs aspects écologiques non négligeables : le verre est sûrement le matériau le plus sain et le plus naturel au monde. C’est aussi le plus vieil emballage du monde avec la porcelaine à l’époque et depuis toujours, le verre a existé pour contenir les aliments et les liquides. Le verre est recyclable à 100% et à l’infini, rien ne se perd. « Vous prenez 1 kg de verre, vous le faites fondre, vous aurez à nouveau 1 kg de verre. Cela demande malgré tout l’énergie qu’il faut pour le faire fondre. », explique Christian Pradel. Le verre conserve le goût des produits : le verre est parfaitement neutre au goût et d’un point de vue chimique c’est donc le meilleur emballage comparativement au métal ou au plastique qui n’est pas étanche.

J’ai pris le soin, en bonne bobo que je suis, d’énumérer tous les avantages à se mettre à la cuisine bio… Le bocal, c’est une conservation inerte : ça n’a pas besoin d’énergie. Le bocal est presque indestructible : on se le repasse de génération en génération. Autre intérêt : c’est que le bocal conserve les aliments sans énergie, outre l’énergie de la cuisine. C’est anti-gaspillage : vous avez un cerisier de saison ; or 90% des cerises ce sont les oiseaux qui les mangent et si vous savez faire des confitures, vous vous donnez la peine de les ramasser et vous pouvez faire vos propres conserves – cela peut être au sirop, à l’alcool, en marmelade etc… Et donc vous ne perdez pas, vous faites un produit pour le conserver et le consommer ou pour l’offrir ou pour le donner. C’est aussi un côté acheté main : c’est au cœur de la saison, que vous avez les produits les moins chers. Par exemple, à la fin de la saison, les cageots d’abricots ne coûtent presque plus rien, c’est à ce moment là que vous les achetez et que vous faites vos propres conserves. Cela permet de faire des économies si on est malin, si on sait acheter au bon moment et que l’on conserve.

Christian Pradel est confiant quant à l’avenir de la marque : « j’ai juste à faire prendre conscience aux gens de tout l’intérêt que l’on a à reprendre en main son alimentation, à faire soi-même ses conserves, redonner le goût au parents de faire eux-même leurs compotes, leurs purées et leurs soupes. Dans un bocal, il n’y a pas trop de sel, pas trop de sucre, il n’y a pas de conservateur, pas d’exhausteur de goût. Juste ce que nous y mettons à l’intérieur : du naturel. »