Père Castor raconte ses histoires depuis des générations : faites votre marché, Bourru l’ours, Michka, Le petit poisson d’or, Les bons amis, Poule Rousse, La vache orange… De nombreux titres du Père Castor Flammarion sont devenus des « classiques » et réveillent en nous de vibrants souvenirs. Quelques-uns connaissent même leur 8e génération de lecteurs ! Par cette exposition, cofinancée par l’Union européenne dans le cadre du fonds LEADER, le musée de l’illustration jeunesse rend hommage au Père Castor du 13 juillet 2016 au 4 janvier 2017.

Ce sont près de 2 000 titres aujourd’hui distribués en librairie.
 Ces ouvrages illustrés, créés au sein des éditions Flammarion dès le début des années 1930, servent un projet étonnamment novateur, à la fois pédagogique et esthétique.
 C’est celui de Paul Faucher, né en 1898 dans la Nièvre, fervent défenseur de la Nouvelle Éducation, un courant de pensée qui, au début du 20e siècle, prône une attitude nouvelle vis-à-vis de l’enfant.
 Il entend alors mettre un terme à l’album de luxe pour enfants, véhiculant des principes moralisateurs, et souhaite proposer aux jeunes lecteurs des images de qualité, réalisées par des artistes.

Répondant aux préceptes pédagogiques de l’époque, ces albums accordent une grande importance à tout ce qui peut développer les aptitudes de l’enfant. Ils sont conçus pour susciter une activité, stimuler, favoriser l’autonomie et permettre au jeune lecteur de construire sa personnalité et ses savoirs.Ainsi les 8 titres de sa collection emblématique « Le Roman des bêtes », albums 
écrits par Lida, épouse de Paul Faucher, et illustrés par les lithographies de Fédor
 Rojankovsky, restituent la nature dans toute sa vérité. Il en est de même pour la
 collection « Les Enfants de la Terre », qui permet de montrer les enfants dans différents pays du monde : Apoutsiak le petit flocon de neige est né du manuscrit de Paul-Emile Victor, grand connaisseur du monde esquimau et Mangazou le Pygmée, issu des récits de Raoul Hartweg, anthropologue au Musée de l’Homme.

Une aventure esthétiquement très riche

Nathalie Parain, Hélène Guertik, Ivan Bilibine, Rojan (Rojankovski), Samivel, Albertine Deletaille, Gerda Muller, André Pec, Pierre Belvès, Lucile Butel, Kersti Chaplet, May Angeli… Autant de noms associés à cette magnifique aventure éditoriale autant que pédagogique. Le Père Castor donne une large place à la création grâce à des auteurs et des illustrateurs qui donnent naissance à des histoires inscrites dans un environnement contemporain.

Chaque année, ce sont 150 à 200 nouveautés qui paraissent, équilibrées entre albums et romans. Depuis 2010, Père Castor et Castor poche regroupent les albums ‘moins de 11 ans’ et Flammarion jeunesse celles destinées aux 11-18 ans. François Faucher succède à son père à la tête des éditions du Père Castor Flammarion de 1967 à 1996 et, peu de temps après son départ à la retraite, se soucie d’un lieu pour préserver ses archives et celles de son père.
 C’est à Meuzac (Haute-Vienne), près de la maison familiale des Faucher à Forgeneuve, que le projet de Médiathèque voit le jour en 2006.Ses archives, et notamment son fonds d’œuvres graphiques originales (près de 2 000 œuvres conservées) constituent un patrimoine remarquable.

Un parcours conçu pour les enfants au MIJ

Le musée de l’illustration jeunesse est très heureux de pouvoir, à l’occasion de cette exposition, présenter une sélection d’œuvres uniques, qui proviennent de ces archives.
En choisissant de faire la part belle aux collections du Père Castor Flammarion autant qu’à certains titres phares, le parcours thématique scénographié nous entraîne de salle en salle : Enfants d’ici et d’ailleurs, les animaux, les jeux, les petits faits de l’enfance, les contes et belles histoires. Les histoires du Père Castor sont nos histoires. Une occasion unique de faire revivre nos émotions d’enfant et de nous laisser entraîner dans la ronde d’un univers délicat.