Adam Sachs est un petit veinard. Il a un job en or ! Rédacteur en chef du magazine « Saveur », il a été distingué trois fois par la Fondation James Beard. Cette dernière, basée à New York, vise à promouvoir l’art culinaire en récompensant des œnologues, des journalistes et des auteurs de livres de cuisine. Et Adam Sachs sait s’entourer ! En compagnie du célèbre chef Daniel Boulud, il s’est offert une petit virée à Lyon. Les deux compères s’en sont collés plein la panse !

Dans son édition web de vendredi dernier, le magazine new-yorkais « Saveur » fait la part belle à la gastronomie lyonnaise. Ce journal appartient au groupe Bonnier, dans le New Jersey, détenu par la famille du même nom. Le groupe édite plus de 30 magazines avec une approche média innovante :  « Nous croyons que l’avenir de nos marques réside dans le pouvoir de l’individu. Favoriser les esprits créatifs, permettre la liberté d’innover sont au cœur de la réalisation de notre mission d’entreprise. », peut-on lire sur leur site Internet. Avec une telle philosophie, on imagine aisément qu’Adam Sachs doit avoir carte blanche pour fréquenter les meilleures tables de la planète.

La métropole de Région reçoit, dans cette édition, le titre envié de « capitale de la gastronomie ». Attention ! Nous prévient tout de go le rédacteur. Ici, à Lyon, on ne parle pas de bistrots comme à Toulouse ou ailleurs mais de bouchon. A quoi cela ressemble t-il ? se demande le journaliste. « Des nappes rouges et blanches à carreau, une lumière tamisée sur des murs en plâtre de couleur pêche tendus de crépines d’émail ébréché. Des ustensiles, des louches, des affiches publicitaires de liqueurs oubliées, des pots en cuivre patinés et des guirlandes d’ail séchées. »

« la mère brazier avait les plus grandes ‘cojones’ de toute la région »

C’est en compagnie de Daniel Boulud, le roi de la gastronomie française à New-York qu’Adam Sachs a fait le tour des bouchons. Le célèbre chef est originaire de Lyon. C’est là qu’il a appris son métier. « La nourriture de cette région coule dans son sang. » dit de lui le journaliste culinaire. Le premier Café Boulud était un établissement familial situé à Saint-Pierre-de-Chandieu. Durant son repas, Adam Sachs a inlassablement questionné le français, comme s’il cherchait le secret de la pierre philosophale : « Qu’y a t-il de si grand dans la gastronomie lyonnaise ? Pourquoi un pays orgueilleux comme la France ne permet-il pas à Lyon de se proclamer capitale de la gastronomie sans que cela ne déchaîne les passions ? » Et la question ultime : « Pourriez-vous s’il vous plait me repasser un peu de museau de porc en vinaigrette ? »

Le secret de la gastronomie lyonnaise, c’est peut-être, comme l’explique Daniel Boulud dans cet article du magazine « Saveur », simplement une question de géographie : « C’est la générosité de la région qui a créé une cuisine riche en diversité. » Oui mais attention rappelle aussi le chef. Si le terroir est important, le caractère des hommes l’est tout autant. Et à Lyon, précisément, ce sont plutôt les femmes qui ont contribué à définir une identité culinaire. A l’exemple d’Eugénie Brazier, premier chef de France a obtenir 3 étoiles au Michelin pour deux restaurants. C’était en 1933, bien avant Alain Ducasse. « Elle avait les plus grandes ‘cojones’ de toute la région ! » s’est joliment esclaffé Daniel Boulud en entraînant Adam Sachs dans un autre bouchon pour leur deuxième dîner de la soirée…

Lire l’article en anglais sur le site de « Saveur » :

pressnut_saveurCrédit Photo : Le bouchon des cordeliers