Auvergne Rhône-Alpes vue de Mexico !

11 heures de vol ! 21 enfants, 14 bébés à bord d’un A380 de la compagnie Air France. Les hôtesses sont au bord de la crise de nerfs. Le Mexique, ça se mérite !  Me voici donc « gringa » sur les terres d’El Chapo. Embarquée dans un Uber, je regarde les passants défiler le long de Frey Servando Teresa de Mier. Stupeur ! Ils sont tous gras, gavés de tacos, de guacamole et de sodas. J’ai rendez-vous avec Benjamin Daumas dans un hôtel sur Paseo de la Reforma. Rencontre avec un globe-trotter…

Aglaë Feelgood : quelle est ta formation ?

Benjamin Daumas : je suis corrézien, originaire de Tulle. J’ai fait une licence de langues étrangères appliquées à Clermont-Ferrand. J’ai ensuite passé des concours et intégré une école de commerce. J’ai fait un an de césure à Paris chez AccorHotels et l’école m’a proposé de faire un  master aux Etats-Unis, donc je suis parti à New-York durant un an et demi. Ensuite, j’étais à Miami en tant que coordinateur marketing. Maintenant je suis à Mexico où je gère la chaîne ibis. Nous avons 15 hôtels dans tout le pays, dont 3 à Mexico city.

Aglaë Feelgood  : pourquoi avoir choisi Clermont-Ferrand pour tes études ?

Benjamin Daumas : cette formation LEA me permettait de partir un semestre à l’étranger donc je suis parti à Grenade la dernière année. J’ai beaucoup de chance d’avoir des parents qui m’ont permis de faire tout ça aussi, parce que je n’étais jamais sorti de France avant mes 19 ans.

Aglaë Feelgood  : finalement, il y a certaine logique dans ton parcours ?

Benjamin Daumas : ce qui est sûr, c’est que j’ai toujours voulu voyager. Je me voyais steward, dans le voyage. Je me suis dit que pour travailler à l’international, il fallait connaître les langues. J’ai donc appris l’anglais, l’espagnol et l’italien. Quand on commence à voyager, on y prend goût. L’hôtellerie m’a permis de découvrir des gens brillants.

Aglaë Feelgood  : tu as eu un vrai coup de cœur pour ta boîte ?

Benjamin Daumas : oui, absolument. Et encore une fois j’ai eu de la chance que le groupe AccorHotels ait eu besoin de quelqu’un ici, à Mexico, alors que je cherchais un poste. Tout se goupille bien. J’aime parler d’autres langues, rencontrer des gens de cultures différentes. J’aurais peut être la possibilité par la suite d’évoluer dans d’autres régions du monde.

Aglaë Feelgood  : ici, à Mexico, tu as rencontré d’autres expatriés ? Des auvergnats ? Des rhône-alpins ?

Benjamin Daumas : oui, des parisiens principalement. Mais jamais un seul habitant de l’Auvergne ou de Rhône-Alpes. Désolé (rires). Je fais partie d’un réseau d’expatriés, Internations. Il y a des événements qui sont organisés régulièrement. C’est une façon de faire du networking d’une façon un peu informelle.

Aglaë Feelgood  :  tu as adopté le mode de vie mexicain ?

Benjamin Daumas : pas vraiment. Je vais régulièrement dans des restaurants français. J’achète ma baguette tous les jours. A côté il y a une petite épicerie où je peux trouver du fromage. C’est quelque chose que je ne pouvais pas faire aux États-Unis. Ici, je retrouve un peu mes marques françaises à moindre coût, donc j’en profite. Je ne sais pas si tu auras le temps d’aller dans le quartier de la Condesa, au sud de Mexico. Il y a beaucoup de restaurants français. J’ai même gouté là-bas de la truffade dans un restaurant qui s’appelle « La vie en rose ». Ce n’était pas la meilleure truffade du monde (rires) mais elle était disponible, au moins…

Aglaë Feelgood  : mais tu peux trouver des produits d’Auvergne ou de Rhône-Alpes ici, à Mexico ?

Benjamin Daumas : pas directement. Il existe un site Internet qui s’appelle Mon Épicerie française. Il est destiné aux expatriés mais je ne l’ai pas encore testé.

Aglaë Feelgood  : tu es passé d’une des villes les moins polluées de France, Clermont-Ferrand, à l’une des plus polluées au monde, Mexico. Ça fait un choc ?

Benjamin Daumas : ça m’a gêné. En plus, il y a l’altitude. Si j’accélère un peu trop le pas, je m’essouffle. Les premières fois, à la salle de sport, j’ai cru que j’allais mourir. J’avoue que le week-end j’aime bien partir en excursion dans des petits villages autour de Mexico.

Les européens renvoient une image froide et distante

Aglaë Feelgood  : qu’est ce que les mexicains ont comme image de la France ?

Benjamin Daumas : ils nous connaissent assez bien. Nous sommes élégants pour eux, distingués. Mais froids aussi, et distants. Enfin c’est l’image que renvoient les européens en général. Nous avons l’habitude de nous serrer la main pour dire bonjour. Ici, on s’embrasse comme du bon pain ! Même pour le business. Quand je recevais les fournisseurs, au début, j’étais un peu sur la réserve mais je m’y suis fait. Ils sont plus chaleureux et souriants que nous.

Aglaë Feelgood : tu as entendu parler de la fusion entre les régions Auvergne et Rhône-Alpes ?

Benjamin Daumas : oui, j’ai suivi un peu ça. On en parlait entre expatriés et on se demandait si les nouveaux noms de régions avaient été déterminés.

Aglaë Feelgood  : pas encore. Auvergne Rhône-Alpes est devenu la seconde région de France, tu penses qu’il peut y avoir des passerelles économiques avec Mexico ?

Benjamin Daumas : oui, ne serait ce que grâce à la gastronomie française qui est assez bien développée.

Aglaë Feelgood : sais-tu que Michelin vient de décider d’ouvrir une usine au Mexique et que cela représente un investissement de 510 millions de dollars ?

Benjamin Daumas : oui, je suppose que c’est pour toucher le marché nord-américain.

Aglaë Feelgood  : exactement ! Michelin, c’est une marque connue ici ?

Benjamin Daumas : il y a pas mal de voitures françaises mais je n’ai jamais vu une seule fois le logo Michelin, pour être honnête. Mais je vais regarder attentivement les pneus dorénavant !

Aglaë Feelgood  : à ton avis, comment pourrait-on promouvoir l’Auvergne Rhône-Alpes d’un point de vue touristique auprès des mexicains ?

Benjamin Daumas : justement, le marché mexicain est un marché que j’étudie pour la marque ibis. En ce qui concerne l’Auvergne Rhône-Alpes, je mettrais en valeur les espaces verts, la randonnée et la gastronomie. C’est un aspect de la France que les mexicains connaissent moins. Pour tout ce qui est patrimoine ou culture, ils iront d’abord à Paris. Il faut jouer la différenciation pour leur donner envie d’aller en Auvergne Rhône-Alpes. Il faut les attirer grâce à la nature et ils découvriront ensuite qu’il y a aussi un grand patrimoine culturel.

Aglaë Feelgood : bon, bref. Tu n’as pas croisé un auvergnat ni un lyonnais depuis que tu es là… il y en avait peut être plus à Miami ?

Benjamin Daumas : (rires) non, pas vraiment… mais dès que j’en croise un, je t’envoie un message…

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