Cécile Coulon, jeune et talentueuse romancière originaire de Clermont-Ferrand, ne peut écrire qu’avec de la musique, son « deuxième stylo » et, si possible, en mangeant du saint-nectaire. Son passage sur l’antenne de France Culture le 21 mars 2016 démarre par une dégustation de saint-nectaire. Belle entrée en matière pour parler de ce fromage d’Auvergne.

Personne n’a plus appelé son fils Nectaire depuis des lustres ! Et pourtant, ce saint existe bel et bien. Converti au christianisme, baptisé par l’apôtre Saint-Pierre, il ne s’appelle plus Ypace mais Nectaire. Il fut ordonné prêtre et participa avec Baudime et Auditeur à l’évangélisation de la Limagne d’Issoire aux Monts Dore, à la fin du IIIème siècle. De cette époque, il reste un joyau roman : l’église de Saint-Nectaire, dans le village éponyme. Le bourg qui compte aujourd’hui 728 habitants est (osons le mot) mondialement connu pour ses producteurs de fromages.

Avant d’élucider le mystère de la provenance de ce fromage d’Auvergne Rhône-Alpes, laissons nous saliver et parler fabrication ! Pour faire un bon saint-nectaire, il faut 13 à 14 litres de lait cru, transformé immédiatement après chaque traite. Il faut également 4 à plus de 8 semaines d’affinage sur de la paille de seigle, avec des frottages réguliers à l’eau salée. Une fois que la croûte a pris sa couleur gris orangé, le fromage est prêt à être dégusté par Cécile Coulon sur France Culture. Mais aussi ailleurs puisque le saint-nectaire est la première AOC fermière de France en volume.

Pas bon le savaron…

Où peut-on trouver les vaches laitières ? Exclusivement sur la zone d’appellation, à savoir à cheval sur les départements du Puy-de-Dôme et du Cantal. L’aire d’appellation du saint-nectaire, la plus petite d’Europe avec seulement 1 800 km2, se situe sur les terres des Monts Dore à une altitude comprise entre 800 et 1 500 mètres. Attention à ne pas confondre le saint-nectaire avec le savaron qui n’est qu’une pâle copie inventée par l’administration française en 1945 pour tromper son monde.

Mais revenons aux origines du Saint-Nectaire qui, historiquement, se situent au 17ème siècle : après la signature du traité de paix entre la France et l’Espagne, le Maréchal Henri II de Sennecterre, est fait Gouverneur de Metz et Vic de l’Evêché de Verdun. En 1666, Louis XIV érige la baronnerie de la Ferté Saint-Nectaire en Duché-Prairie. Henry II de Sennecterre se consacrera alors à la promotion du fromage qui porta, dès lors, le nom de cette illustre famille auvergnate.

Écoutez Cécile Coulon sur France Culture :