Alexandrine Brugerolle de Fraissinette et son ex-compagnon sont revenus sur le devant de la scène judiciaire ces derniers jours. Le couple vient d’être acquitté par la cour d’assises des Bouches-du-Rhône dans une affaire de meurtre et de recel de cadavre.

Le verdict a été rendu dans la nuit du vendredi au samedi 2 avril 2016, après de longues heures de délibérations. La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a acquitté Sébastien Ribière, accusé de meurtre, et son ex-compagne, Alexandrine Brugerolle de Fraissinette, poursuivie pour recel de cadavre. Le couple encourrait respectivement vingt ans et deux ans de prison. « Le couple maléfique », tel qu’il a été décrit par l’avocate générale, était soupçonné d’être directement impliqué dans la mort de Carine Desiles, retrouvée morte dans la baignoire de son appartement de Marseille en juin 2011.

Aujourd’hui séparé, le couple avait déjà fait parler de lui le 11 septembre 2008 en signalant aux gendarmes la disparition du fils de la jeune femme, Antoine, alors âgé de 6 ans. L’enfant était resté seul à son domicile d’Issoire, tandis que sa mère et son compagnon étaient sortis dîner. L’affaire, qui a eu un retentissement médiatique considérable à l’époque, est restée une énigme. Les 3 200 personnes interrogées, les 2 710 procès verbaux dressés et les 624 auditions n’ont jamais donné aucun résultat. Il a même été envisagé un temps de détruire les fondations en béton du nouveau centre aqualudique de la ville où les enquêteurs soupçonnaient Sébastien Ribière d’avoir caché le corps du petit garçon.

La coupable idéale

Mais, en vérité, bien que Sébastien Ribière ait été décrit par nombre de témoins comme violent et sévère envers Antoine, c’est toujours Alexandrine Brugerolle de Fraissinette qui a fait figure de coupable idéale. La jeune femme, âgée de 23 ans à l’époque de la disparition, est toujours restée la principale suspecte aux yeux des enquêteurs. Il faut dire que bien des épisodes de sa vie chaotique ont joué en sa défaveur. Elle a longtemps fréquenté les milieux marginaux de Clermont-Ferrand et a effectué un premier séjour en prison en 2005 pour trafic de stupéfiants. Avant la disparition d’Antoine, elle avait quitté Clermont-Ferrand pour s’installer à Issoire, non loin de sa grand-mère, Ghislaine Brugerolle de Fraissinette. Alexandrine était serveuse dans un bar de la place de la République.

Ghislaine Brugerolle de Fraissinette est décédée en novembre 2013, sans jamais avoir eu de nouvelles d’Antoine, son arrière-petit-fils. Triste destin pour cette famille originaire de Saint-Flour, dans le Cantal, et non de Corrèze comme nous avons pu le lire ici ou là. Quoi qu’il en soit, dans l’affaire de la disparition de son fils comme dans celle de la mort de Carine Desiles, la jeune femme a toujours crié son innocence. Une fois encore, les gendarmes de la cellule 63 qui comptaient beaucoup sur l’enquête marseillaise pour faire avancer la leur, se voient repartir de zéro.